En cinq ans, seulement 5 à 15% des travaux nécessaires à la mise en accessibilité des établissements recevant du public (ERP) dépendant de l'Etat ou des collectivités territoriales ont été réalisés alors que la loi Handicap du 11 février 2005 impose une mise aux normes au 1er janvier 2015 au plus tard. C'est ce que révèle une étude réalisée à l'initiative des Associations pour adultes et jeunes handicapés (Apajh).

A mi-chemin de l'échéance fixée par la loi du 11 février 2005, les promoteurs de l'étude s'interrogent sur le respect des délais impartis en matière d'accessibilité globale. Les diagnostics des ERP des quatre premières catégories devront être achevés au 1er janvier 2011 et il restera ensuite quatre ans pour réaliser les travaux.

A ce jour, les départements et les régions sont les plus en avance. Mais il y a un risque de retards du côté de l'Etat, des communes et des propriétaires privés.

C'est exactement ce même constat que notre association fait tout au long de ses "visites incognito" dans différentes villes de France (plus de 170 villes visitées à ce jour).

Quand on voit les chiffres nécessaires à la mise en accessibilité, l'un des risques est que l'on finisse par culpabiliser les personnes en situation de handicap. Or, quand on adapte les lieux, cela sert à tout le monde, qu'il s'agisse des personnes accidentées, des femmes enceintes, des enfants dans les poussettes, des personnes âgées..., c'est à dire toutes les personnes à mobilité réduite.

Rappelons que selon une étude réalisée par l'Insee entre 1998 et 2001, 10% de la population française se déclarent en situation de handicap. Il y a donc urgence.

Ne baissons pas la garde. Si l'on agit pas, rien ne se fera !